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PÊCHE ET PIRATERIE DANS LES QUARANTIEMES RUGISSANTS Le capitaine Marcel Barbarin met sac à terre de l’ «Austral » en juin 1998, à l’île de la Réunion, et se retire dans sa région des Sables d’Olonne où il est né en 1945. Il en a profité pour écrire un ouvrage intitulé « Pêche et piraterie dans les quarantièmes rugissants ». Le livre sera publié aux éditions Ouest-France en avril prochain.
L’ «Austral » est un chalutier-langoustier de 78 mètres de
long, dont l’équipage de 48 personnes est aux trois-quarts Réunionnais. Il
effectue la pêche de la langouste rouge autour de deux îlots volcaniques
perdus dans le sud de l’Océan Indien, Saint-Paul et Amsterdam. La pêche sérieusement
réglementée, se pratique en été austral, au casier, à l’aide
d’embarcations annexes et de deux caseyeurs pontés. Au printemps et en
automne, l’ «Austral » traîne son chalut sur les accores du
plateau de Kerguelen, à la recherche de légines.
L’Armement Sapmer, propriétaire de l’ «Austral »,
exploite depuis plus d’un demi-siècle la langouste de Saint-Paul et
Amsterdam, et depuis plus de 20 ans, le poisson des zones économiques de
Kerguelen et de Crozet.
Cet ouvrage relate les débuts de l’auteur à la Sapmer, en 1967, avec
le capitaine Barbanton et quelques-unes de ses histoires, puis les affrontements
avec les premiers braconniers de langoustes, Japonais, Australiens,
Sud-Africains et un Douarneniste tenace, Jean Le Gall. Un peu plus tard, un
autre braconnier, l’Australien John Chadderton, aurait sabordé son navire, le
« Southern Raider », sous les tirs du patrouilleur «Albatros ».
Viennent ensuite les années ayant vu l’ouverture à la concurrence et
l’attribution de quotas excessifs. Le petit écosystème fragile ne résiste
pas à la surexploitation, entraînant le désarmement des navires. Les trois
armements réunionnais se rassemblent au sein d’un GIE qui obtient le quota de
pêche des langoustes en armant un seul navire pour cette activité, afin
d’assurer la pérennité de la ressource et de l’exploitant, le « Cap
Horn » de 1975 à 1980, puis l’ «Austral » (ex « Pierre
Pleven ») jusqu’en 1993, et le nouvel «Austral », sorti du
chantier polonais de Gdynia, sur la Baltique en juin 1993.
Les premiers essais français de pêche du poisson au chalut dans les
eaux froides de Kerguelen se font dès 1968, par le «Sapmer », puis
seront poursuivis en 1979 par le «Jutland » de la SNPL. Une pêche régulière
du poisson des glaces se met en place à partir de 1981. Il faut attendre 1990
et la découverte d’une importante ressource en légines pour que l’activité
devienne enfin rentable, ouvrant ainsi la voie aux armements français. La légine,
poisson à chair blanche et grasse, est recherchée par les marchés asiatiques
et américains. Malheureusement à partir de fin 1996, une armada de palangriers
braconniers à majorité hispanique, pille la ressource halieutique dans la zone
économique française de Kerguelen et de Crozet. La Royale arraisonne 20
braconniers qui sont conduits à la Réunion ; cinq d’entre eux sont coulés
au large de l’île.
Aujourd’hui, cinq armements français se partagent un quota de 6500
tonnes de légines, les palangriers remplaçant progressivement les deux
chalutiers.
Sont également relatées quelques escapades concernant la pêche dans
les eaux tropicales, sur le banc de Saya de Malha, aux Seychelles à bord du
« Cap Horn », sur les côtes de Somalie avec l’ «Austral »,
et les escales à l’île Maurice.
Enfin la vie des marins et les problèmes de santé sur un navire sont évoqués.
L’ « Austral au mouillage devant le cratère de Saint Paul L’Association des Capitaines de Pêche Français souhaite très sincèrement un grand succès pour son livre à notre collègue et ami Marcel, qui retrace le passè et la mémoire des Capitaines de Pêche pionniers des mers Australes . Pinson Yves
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Dernière modification :2 Juin 2008 |