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La pêche à la langoustine
vivante à bord du "Pépé Roro"
SOMMAIRE I.
Présentation du navire "Pépé Roro" II.
Présentation du chalut utilisé à la langoustine IV.
Réglementation de la pêche à la langoustine dans le golfe de Gascogne V.
Un métier d'avenir : la langoustine vivante VII.
Effets du Sycocrus sur le travail à bord
I.
Présentation du navire "Pépé Roro" Le "Pépé Roro" est un navire qui a été conçu
pour travailler sur le plateau de Rochebonne. Il possède une surpuissance
motrice et hydraulique à proportion de sa taille, ses quatre enrouleurs en
portique et, un dans l'entrepont lui permettent de travailler les roches et de
faire face aux nombreuses avaries. Le dégagement du panneau de cale sur le côté tribord
laisse une grande place pour le travail et la manutention, en toute sécurité
pour l'équipage. Mais avant toute chose, le "Pépé Roro" travaille
la langoustine vivante parce qu'il possède un Sycocrus (système de
conservation de crustacés). Dimensions - Navire construit aux chantiers Bretagne Sud en 1988 - Longueur hors tout 17,52
m - Longueur de flottaison
15,55 m - Longueur entre perpendiculaires
14,62 m - Largeur hors tout
6,29 m - Largeur hors membres
6,12 m - Creux au livet
3,32 m - Tirant d'eau arrière
3,20 m - Capacité
gas-oil 19 m3 - Capacité eau douce 3
m3 - Volume de la cale
40 m3 - Equipage
5 hommes Le"Pépé Roro" est un navire construit
en acier avec néanmoins tout le pont supérieur, la passerelle et le portique
en aluminium, ce qui a pour conséquence de limiter les poids en hauteur, donc
d'avoir une meilleure stabilité. Propulsion
mécanique Elle
est assurée par un moteur Caterpillar de 540 CV et une hélice à pas
fixe mais avec une tuyère. Descriptif
des ponts LE
PONT INFERIEUR :
Il est séparé en quatre locaux : 1.
Local treuils et gouvernail - Deux treuils BOPP d'une capacité de 1500 m de câble
de Ø18, avec leurs commandes hydrauliques et leurs caméras - Appareils de commande du gouvernail - Magasin de matériel léger - Une issue de secours Sur ce navire, les treuils ont été placés sous la
flottaison pour un gain de place sur le pont principal et pour une amélioration
de la stabilité. 2.
Local machines - Le moteur principal Caterpillar et son auxilliaire - Le réducteur (Pont-à-Mousson) - Une centrifugeuse, deux pompes d'assèchement, deux
pompes pour térillon, deux alternateurs, pompes hydrauliques, pour les réfrigérants,
et système de filtration - Système Hydrophore (circulation eau douce pour
consommation courante) - Installations frigorifiques (pour la conservation de la
langoustine vivante) - Quatre cuves à gas-oil, une cuve huile moteur, une
cuve huile hydraulique - Local batteries 3.
Cale à poisson de 40 m3 La cale est modulable, c'est-à-dire que l'aménagement
se fait à notre guise, tout en planches d'aluminium. Elle peut comporter 2 X 5
compartiments cubiques et un couloir central qui peut lui aussi être aménagé
en compartiment. 4.
Peack avant Il possède les deux cuves à eau
douce de 1,5 t chacune. Pont
principal
Il ne comporte donc pas de treuils puisque ceux-ci sont
installés au pont inférieur. L'arrière du pont est complètement dégagé,
laissant une grande place pour la manutention et le travail des hommes sur le
pont (triage et éviscérage), ce qui améliore leurs conditions de travail et
leur sécurité. L'entrepont
est appelé aussi pont principal car il dessert tous les autres ponts ainsi que
les aménagements tels que la cambuse, la cuisine réfectoire et l'accès
passerelle et cabine patron à babord et, à tribord, le panneau d'accès à la
cale à poisson, l'accès aux machines et à la partie toilettes et lavabo ainsi
qu'au poste équipage. La partie le plus vers l'avant de ce pont est le magasin
à matériel chalut. Les viviers à crabes et à coquilles saint - jacques sont
sur l'avant tribord ainsi que le stockage des caisses à poisson et à
langoustine. C'est aussi à l'entrepont que sont toutes les commandes
pour le virage et le filage de tous les engins de pêche car, pour la sécurité,
la visibilité y est meilleure qu'à la passerelle. L'enrouleur hydraulique qui est tout en avant de
l'entrepont est un atout majeur du navire, car il facilite la manutention du matériel
lourd et permet le pelotage d'un chalut pour la réparation après avaries. Par ce fait, il économise la fatigue de l'équipage et
améliore donc la rentabilité et la sécurité des hommes. Pont
supérieur et timonerie Le pont supérieur se compose d'un panneau d'accès au
pont principal, d'un panneau de déchargement de la cale à poisson, de la
timonerie et d'un portique supportant quatre enrouleurs pour chaluts et d'une
caliorne; le tout est en aluminium. Les enrouleurs sont accouplés deux par deux
par un système de clabot, la caliorne est indépendante. Il y a donc trois
moteurs hydrauliques. La
timonerie Descriptif
des appareils de pêche : - Le double des commandes hydrauliques pour treuils,
enrouleurs et caliorne est en secours. - La commande des caméras de surveillance des treuils et
des passages des funes. - Radios :
1 VHF - 1 BLU - Navigation : 1
radar Furuno
1 sondeur Furuno
1 GPS MZR différentiel
1 CRO3
MLR
2 MGO2 Toran
1 table traçante TR300
1 ordinateur Acer avec programme MAX SEA
clavier et fax
1 pilote + 1 titter + 1 barre
1 tableau de toutes les sécurités moteur
1 tableau de toutes les sécurités réfrigération
Chalut
irlandais et gréement Taille
: 43 mètres de corde de dos et 50,80 m de bourrelet. Chalut
en maillage de 40 mm, mis à part le gorget,l'amorce de la poche et la poche qui
sont en 35 mm. Boulage
: 4 boules par aile et 4 dans le carré. 12 boules de 5 litres => 60 l. Montage
du bourrelet : Le
carré du bourrelet mesure 3,60 m, ce qui nous laisse 47,20 m pour les ailes,
chaque aile de plomb mesure donc 23,60 m. Bras
: Longueur 95 m + 5 m de grosse chaîne ø28 en filin mixte.
Entremises
: 25 m Les
panneaux Les panneaux sont rectangulaires et en bois. Poids : 300 kg Longueur : 2 m Largeur : 1 m
La
langoustine était peu exploitée avant la guerre, elle est aujourd'hui devenue
une espèce à haute valeur marchande, très prisée pour ses qualités
gustatives. Langoustine ->
nephrops norvegious anglais
-> norway lobster espagnol
-> cigala La
langoustine est un crustacé de l'ordre des décapodes (5 paires de pattes) et
de la famille des nephropidès.
Répartition
géographique On la trouve dans l'Atlantique nord-est, de l'Islande
jusqu'au sud du Portugal, en mer du Nord, ainsi qu'en Méditerranée ou elle
est présente sur l'ensemble du bassin. Répartition
bathymétrique Elle vit sur des fonds de -15 m à - 800 m, sur des
substrats vaseux et sablo-vaseux. Dans le golfe de Gascogne et en mer Celtique, les pêcheries
se trouvent autour de l'isobathe de - 100 m. La répartition de l'espèce est
davantage déterminée par la nature du fond et la température de l'eau que par
la profondeur. Caractères
distinctifs Le mâle et la femelle se distinguent par une différence
de forme de la première paire de pléopodes qui sont rigides et modifiés en
organe copulateur chez le mâle et beaucoup plus fins et souples chez la
femelle, et l'emplacement des orifices sexuels. Biologie Les
mœurs de la langoustine la conduisent à vivre dans un terrier qu'elle creuse
dans la vase. Elle le quitte durant les périodes de faible éclairement (aube
et crépuscule) pour rechercher sa nourriture. C'est pendant cette phase active
que l'on peut la capturer. La
langoustine est sédentaire, elle n'effectue aucune migration. Elle peut
cependant se déplacer si des facteurs défavorables agissent sur son habitat,
tels que la mise en suspension de la vase lors d'une tempête. Reproduction La taille ou l'âge de la maturité sexuelle varie selon
la zone géographique en relation avec les conditions du milieu (nourriture et
température). Dans le golfe de Gascogne, les mâles acquièrent la
maturité sexuelle pendant leur deuxième année à 19,5 mm de longueur
orbitaire et les femelles en fin de deuxième année à 25 mm. La reproduction est annuelle, l'accouplement a toujours
lieu juste après la mue des femelles, avant la calcification de leur nouvelle
carapace. Les œufs sont fécondés au moment de leur émission et se collent
sous l'abdomen. Les langoustines "grainées" disparaissent
presque aussitôt des captures, elles passent alors la plus grande partie de
leur temps dans le terrier car elles se nourrissent moins fréquemment. La durée de l'incubation dans le golfe de Gascogne est
de sept mois et la période de ponte commence en avril et se termine en août.
Le nombre d'œufs croît avec la taille de la femelle. Une femelle de 22 à 25
mm pond environ 650 œufs, une femelle de 40 mm pond environ 4 000 œufs. A l'éclosion les larves sont pélagiques pendant un mois, puis après métamorphose, la petite langoustine gagne le fond et sa croissance est alors très rapide, au rythme d'une mue par mois. Croissance Comme chez tous les crustacés, elle s'effectue par mues
successives, au moment ou l'animal change de carapace. Après la maturité
sexuelle, les mâles muent plus souvent que les femelles et grandissent plus
vite. Dans le golfe de Gascogne, les mâles muent en moyenne
deux fois par an tandis que les femelles, une seule fois. La croissance des langoustines est directement liée à
la température de l'eau, au type du sédiment et à la densité des individus
sur le fond. Alimentation La nourriture de la langoustine se compose d'éléments
très variés, mais les polychètes, les crustacés, les mollusques et les échinodermes
sont ses proies préférées. Elle ne semble cependant pas très sélective et
consomme sans discrimination les espèces présentes à l'endroit où elle se
trouve. Rôle
et importance économique La langoustine constitue une source de nourriture pour
d'autres espèces. La langoustine est pêchée intensivement pour sa chair qui
est excellente, mais aussi pour sa carapace qui sert à la fabrication de
coulis.
IV.
Réglementation de la pêche à la langoustine dans le golfe de Gascogne La langoustine dans le golfe de Gascogne est
exclusivement pêchée au chalut de fond dans les vasières. Elle est généralement
commercialisée vivante car la proximité des zones de pêche et des ports
permet aux bateaux de faire des sorties d'une journée. L'exploitation du stock de langoustines est réglementée
par la Communauté européenne mais aussi par la réglementation nationale et
les organisations de producteurs. Deux
réglementations importantes dans le golfe de Gascogne : 1.
Tailles légales minimales au débarquement. La taille adoptée par la Communautée européenne est de
7 cm ; la réglementation nationale et les organisations de producteurs vont
jusqu'à 8,5 cm. Le respect d'une taille minimale a conduit les pêcheurs à
rejeter à la mer une partie de leurs captures. Les études de survie des rejets
ont permis d'évaluer à 30 % en moyenne le taux de survie des langoustine
remises à l'eau. 2.
Réglementation du maillage des chaluts à langoustines Dans le port des Sables-d'Olonne, les réglementations
proposées pour les maillages ont été plutôt bien reçues et même dépassées. La flottille du port des Sables-d'Olonne avait déjà
pris conscience des problèmes engendrés par le petit maillage, car la petite
langoustine n'est commercialisée que lorsqu'elle est vivante, mais elle n'est
pas remboursée par les O.P., donc la pêche intensive des petites
langoustines n'est pas d'un bon rendement et peut être dangereuse pour le
stock. De plus, le fait d'utiliser un maillage trop étroit peut être la cause
de destruction de jeunes poissons tels que les petits merlus. Les vasières du golfe de Gascogne sont des
parages de ponte pour les merlus. Les pêcheurs de langoustines du port des Sables-d'Olonne
ont choisi un maillage raisonnable, ils ont opté pour 60 mm.
V.
Un métier d'avenir : la langoustine vivante Le
plateau de Rochebonne La pêche de la langoustine vivante est un métier un peu
à part, même pour un port langoustinier comme les Sables-d'Olonne,
car nous ne sommes que deux navires à pratiquer cette pêche. La langoustine, dans les parages des Sables, se cloisonne
au large d'un plateau rocheux appelé " Rochebonne ". Ce
plateau était craint des navigateurs d'antan pour ses hauts fonds ; de ce fait,
il est balisé par quatre bouées cardinales. La bouée nord-est est appelée le
Ponton, la bouée sud-est est le Feu rouge, celle du sud-ouest est la bouée
d'atterrissage pour les langoustiniers sablais, et celle du nord-ouest est appelée
la Congrée. Dans les années d'avant la Seconde Guerre mondiale, de
nombreux bateaux ont sombré ici, car il ne connaissaient pas les lieux. La mer y est plus mauvaise et les courants y sont très
violents. Au nord-ouest près de la bouée Congrée, on peut voir la mer se
briser sur les hauts fonds, car ici il n'y a que 3 à 5 mètres de profondeur. Un
navire partant des Sables d'Olonne va faire route cap au 240 et vitesse 10 nœuds,
il va partir de 5 mètres de profondeur, puis creuser tout doucement pour
arriver finalement, trois minutes plus tard, à 70 mètres. En approchant des bouées, côté terre (N.-E. et S.-E.),
il va apercevoir les fonds rocheux remonter jusqu'à 25 m, puis 20 m et parfois
moins ; alors il perdra jusqu'à 2 nœuds de vitesse. Après avoir passé les
bouées, côté ouest, il va se retrouver brusquement avec un fond à 85 mètres.
C'est ici que le métier du langoustinier commence. Les
parages à langoustines sont le long des bouées, côté ouest ; le plateau de Rochebonne
s'achève ici, mais les fonds sont encore très bosselés et propices aux
accidents. Malgré tout, les bateaux peuvent commencer à travailler
correctement sur les fonds secs et aussi sur la vase. Les isobathes de - 90 à - 110 mètres forment une bande
orientée nord-ouest - sud-est. Ce lieu fut très poissonneux en espèces nobles
des années 60 aux années 80 (daurades, pagots, bars, merlus, merluchons,
saint-pierre, soles, lottes et langoustines). Depuis, certaines espèces ont déserté
Rochebonne (pagots, daurades) ; les autres sont restées, mais en faibles
quantités. Aujourd'hui les espèces nobles restantes sont la sole,
le merlu, le merluchon, la lotte et la langoustine. Pour ce qui est du "Pepe Roro", sa
priorité est la langoustine vivante qu'il pêche pendant six mois, du 15 mars
au 15 septembre. Historique
de la pêche à la langoustine vivante aux Sables-d'Olonne Jadis la langoustine vivante était très peu pêchée
aux alentours du plateau de Rochebonne. Les bateaux n'étaient équipés
que d'un seul moyen de conservation - la glace. La faible quantité de langoustines vivantes arrivant en
criée était vendue au même prix que la langoustine glacée. Ses qualités
gustatives n'étaient pas encore reconnues, ainsi sa commercialisation était
quasi inexistante. Au début des années 80, avec le renouvellement
de la flottille sablaise, on a vu sortir des chantiers des bateaux aux
performances supérieures, plus rapides, mais surtout mieux équipés pour la
conservation du produit de la pêche (machine à fabriquer de la glace, métabisulfite,
début du glaçage en caisse avec film protecteur). Le début de la crise des années 1985 à 1995 a eu pour
conséquence la chute des apports en criée et des prix trop bas. Le port des Sables-d'Olonne
a opté pour un changement de politique qui fut de privilégier la qualité. Réduction
des jours en mer, glaçage en caisse, rénovation de la criée et de l'ensemble
des magasins de mareyage et installation d'un bloc tampon pour le déchargement
à toute heure. A bord du "Pepe Roro" le glaçage en
caisse fut aussitôt adopté ; de plus, les saisons 1991/1992 et 1992/1993
furent très bonnes pour la pêche à la langoustine. C'est durant ces années
que la langoustine vivante est réellement arrivée dans le port des Sables et
sur les étals des poissonniers. Comme partout, quand il y a beaucoup d'apport, les cours
sont au plus bas et à cette époque la langoustine glacée valait 25 F au prix
du retrait, alors que la vivante était à 32 F ce qui faisait quant même 7 F
d'écart pour un tonnage moyen hebdomadaire de 1,8 t, donc un peu plus de 12 000
F par semaine. Le "Pepe Roro" fut le seul à prendre
conscience de ce fait. Et comme c'était un bateau assez rapide (11 nœuds), il
pouvait faire l'aller-retour dans la nuit sans manquer le coup du matin ni celui
du soir. Tous les jours nous vendions notre langoustine vivante et
notre poisson. Perdre quatre nuits par semaine ne nous pénalisait pas, car à Rochebonne,
les nuits sont quasiment nulles pendant la saison de pêche des langoustines. La plupart des nuits se passait au mouillage, soit pour réparer
les chaluts, soit pour laisser l'équipage se reposer. Nous avons travaillé
ainsi durant deux saisons. C'est à la fin de la seconde, après une comparaison
entre la langoustine vivante et la glacée, que l'armateur du "Pepe Roro"
décida d'investir dans un système de conservation des crustacés (sy co crus). Ce système permet de conserver vivante la langoustine
durant quarante-huit heures. Le produit est meilleur, plus facile à
commercialiser, donc d'un meilleur rapport, et nous fait gagner deux
aller-retours par semaine.
Le Sycorus représente un investissement d'environ
200 000 francs pour une capacité de 1 tonne de langoustines vivantes sur
quarante-huit heures. Sycocrus
140 000 F Installation mécanique
50 000 F Caisses appropriées
10 000 F Total :
200 000 F mais
subventionné par l'Etat et la région Pays de Loire à 15 % et 10 % par la Vendée. Installation
en salle des machines
Entraînement
par pompe hydraulique, car malgré les changements de régime du moteur
principal, le Sycocrus conserve le même régime, donc pas de variation
de la température de l'eau. Installation
dans la cale
Ce sont des rampes de tuyaux en PVC fixées au plafond et
sur les parois. Ces rampes sont munies de buses qui pulvérisent en brouillard
l'eau de mer préalablement refroidie à 3 ou 4 ºC. Après
son passage sur les langoustines, l'eau pulvérisée est rejetée à la mer. Le
système ne fonctionne pas en circuit fermé. Le
sycocrus pompe, refroidit, puis pulvérise et rejette l'eau de mer, et
ceci 24 heures sur 24. Principe
de fonctionnement Le système de conservation des crustacés fut inventé
par un frigoriste lorientais M. Eric Le Tortorec . De l'eau de mer est pompée puis refroidie jusqu'à 3
ou 4 ºC, elle est ensuite pulvérisée en glacière du plafond et des
parois. L'eau refroidie a pour effet de ralentir le métabolisme
de la langoustine qui, une fois endormie par ce procédé, ne s'abîme pas, ne
se pique pas et, surtout, conserve toute son eau. Lors du débarquement, après quarante-huit heures dans
le Sycocrus, la température se réchauffe progressivement et la
langoustine se réveille lentement et peut se maintenir encore durant douze
heures dans cette situation. La différence avec les langoustines conservées en
viviers - où elles se blessent, perdent leur énergie et leur eau - c'est que
pendant son sommeil elle conserve toutes ses propriétés, sa vivacité est
prolongée et son goût reste intact.
VII.
Effets du Sycocrus sur le travail à bord C'est maintenant aux pêcheurs de s'adapter à ce nouveau
produit ; nous nous devions de le présenter sous son plus bel aspect, et pour
cela, il nous fallut changer un peu notre façon de travailler : - la manière de pêcher est restée pratiquement
identique, à part la longueur des traits de chalut qui est passée de 3 h 15 à
2 h 00. - le triage est beaucoup plus strict. En
aucun cas, la langoustine ne doit être abîmée,
même pas piquée, la carapace doit être parfaitement ferme pour le Sycocrus. Le
rangement dans le Sycocrus Tout d'abord la langoustine passe de paniers de 20 kg en
caisses de 3 à 6 kg, ensuite les caisses sont rangées dans l'appareil. Il faut procéder par couches. Nous disposons d'une
capacité de rangement au sol de 22 caisses, puis nous passons à la couche supérieure.
En procédant de cette manière, la langoustine reçoit
l'eau plus longtemps avant d'être recouverte par une autre caisse. Il faut éviter l'empilage trop rapide. Débarquement Les
caisses disposées dans l'appareil sont débarquées en piles, puis apportées
directement à la criée à une température de 6 ºC. C'est ici que les langoustines supportent leur seule
manipulation, car nous transvasons chaque caisse dans un récipient en polystirène.
Les langoustines sont ensuite pesées par lots de quatre caisses, puis vendues
par lots de 22 à 25 kg La
vente La langoustine est débarquée entre 2 heures et 4 heures
du matin ; et entre 3 heures et 5 heures, elle est prête à être vendue. La vente se fait à 6 heures. La température sous criée
étant de 6 ºC, la langoustine n'est donc qu'à demi réveillée pour la vente
et se réveille tout à fait environ quatre heures après la vente, c'est-à-dire
lorsqu'elle se retrouve sur l'étal du poissonnier. Les ventes sont des enchères
montantes ou descendantes.
Résultats
de la criée du port des Sables d'Olonne 1998 Années
Tonnage
Prix moyen
Tonnage Prix
moyen Tonnage
Prix
du port
la glacée en
vivante
vivante
PP RMO PP RMO
en glacée
golfe
golfe
golfe
golfe dugolfe 1995
155,890 35,13
69,839
44,11
84,128
46,40 1996
115,535 35,60
64,360
46,51
81,317
48,32 1997
101,305 40,11
63,850
49,42
21,635
49,71 1998
123,768 37,31
64,318
46,00
22,128
50,19 La première saison 1994 avec le Sycocrus fut véritablement
une saison de lancement, la langoustine vivante était compensée à 32 F, ce
qui nous laissait, malgré tout, une marge de 10 F vis-à-vis de la glacée. Notre but était atteint, la saison se terminait avec une
moyenne de 41,13 F tandis que la glacée faisait une moyenne de 30,21 F. Le
point le plus important était la satisfaction des mareyeurs devant le produit. Quant aux gastronomes, il succombèrent devant la belle
couleur rose vif obtenue sans additif ; des poissonniers allant même jusqu'à
nous confier : " les clients se les arrachent ". Dans le port on commence à parler d'instaurer un label
de qualité sur la langoustine vivante. Le centre de marée investit et achète
des petites caisses portant l'inscription " langoustines vivantes
sablaises ". Conclusion A l'aide des statistiques fournies par la chambre de
commerce et les résultats du "Pepe Roro", nous
constatons que les prix de la langoustine vivante traité au Sycocrus
augmente chaque année et que c'est lors des années à fort tonnage que la
vivante fait la plus grande différence. Nous constatons également que la création
du marché pour la langoustine vivante a eu une répercussion sur la langoustine
glacée, car son prix moyen a augmenté de 7 F environ en cinq ans. Tous les langoustiniers du port commencent à faire de la
vivante, on rencontre donc moins de langoustines glacées, il en résulte des
prix plus élevés. En ce qui concerne le Pepe Roro, le prix de sa
langoustine vivante augmente chaque année ; nous sommes passés de 41,43 F à
50,19 F en cinq saisons, alors que la moyenne de la vivante, pour le reste du
port, plafonne à 46 F. Le métier de la pêche de la langoustine vivante avec le
Sycocrus a donc un avenir certain pour un port comme les Sables-d'Olonne
; il a même la chance de connaître un nouvel essor grâce à la
commercialisation du Sycocrus, à terre, par les poissonniers et les
transporteurs. Il sera alors possible de mieux faire voyager la langoustine. D'autres ports ont déjà misé sur la langoustine
vivante traitée au sycocrus : Le Croisic (48 F en moyenne), Le Guilvinec (59,23
F), Lesconil qui a une production de 300 tonnes (51,20 F) et, à présent, La
Cotinière, sur l'île d'Oléron, qui va équiper dix navires. Document
réalisé pour les cours de technique Pêche et Traitement des captures par M.
PINSON Yves . Capitaine de Pêche L.M.A. CHERBOURG Avec la collaboration du Patron du « Pépé-Roro »
Monsieur PUAUD Therry .Les Sables d’Olonne , avec tous mes
remerciements .
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Dernière modification :2 Juin 2008 |