Association des Capitaines de Pêche Français

 

 

CHALUTIER USINE "VICTOR PLEVEN"

Construit en 1971 aux chantiers "Commune de paris" de Gdansk (Pologne) 

SAUVONS NOTRE GÉANT DES MERS LE « VICTOR PLEVEN »

 Mémo pour le retour du Victor Pleven à Saint Malo

Auteur du Mémo : Alain Guellaff  écrivain et cinéaste.

 Le 20 Juillet 2005, Ouest‑France évoquait dans ses pages la création à Saint Malo d'un Musée d'Histoire maritime, 6000 à 10 000m² où seraient présentés les navires et les hommes, les grandes découvertes (Jacques Cartier...), la guerre de course, le grand commerce (dont Terre Neuve), l'archéologie sous‑marine ( La Nattière ... ).

Ce serait le plus grand équipement du genre dans l'Ouest, conclut l'auteur de l'article.

L'intérêt d'un tel projet est indubitable, Saint‑Malo doit tant à la mer, à ses marins, à ses bateaux.

 Mais que reste t il de ces fameux bateaux?

Pour témoigner de son histoire maritime, Saint Malo dispose comme bateau d'une réplique, une belle et vivante réplique, le Renard, Voilà tout.

Les circonstances ont fait qu'il n'a pas été possible de conserver ne serait ce qu'un authentique témoin du passé, voilier de la guerre de course, trois-mâts du commerce, de Grande Pêche, classique...

À quoi bon épiloguer sur les pourquoi et comment de ces actes manqués, il faut le dire, un mal français, puisqu il reste un véritable acteur d'un métier dont Saint Malo n'a pas à rougir, l'héritier de cinq cents ans d'épopée de la Grande Pêche , un impressionnant et spectaculaire bateau, toujours à flot: le Victor Pleven.

Le Victor Pleven est un grand et beau bateau. 90m tout de même. Il tient son nom d'un homme qui fut mousse, embarqué pour les Bancs, puis capitaine à vingt-neuf ans, puis armateur malouin adroit et novateur. Victor Pleven mourra en laissant les premiers traits de crayon du futur bateau qui portera son nom.

A l'automne 1971, un chalutier  usine flambant neuf, unique en son genre, le plus grand jamais lancé au monde, rejoint son désormais port d'attache, Saint Malo est gravé dans l'acier de sa coque.

 Pendant plus de 20 ans, le Victor chalutera les Bancs, fera la fortune de son armement et de ses équipages qu'il ramènera, à chaque fois, sains et saufs.

 Début 1992, les eaux de Terre Neuve lui sont définitivement fermées, la morue a disparu.

Les deux années suivantes, il est réarmé pour un nouveau métier en Ouest Norvège, Ouest Écosse: le surimi.

En 1994, l 'armement doit faire des choix économiques.

Dès lors, le Victor Pleven vit une course contre la montre pour éviter la casse.

Après des péripéties dignes de son destin hors du commun, le Victor trouve un port d'accueil, Lorient, où, chaque été, 3000 personnes le visitent.

Mais aujourd'hui Lorient à d'autres choix à faire valoir et l'imposant Victor y est devenu bien encombrant (Le Télégramme du 20 Octobre 2005).

 Pourquoi ne reviendrait il pas à Saint Malo?

Quand l'été, à Lorient, le Victor recevait 3000 visiteurs, il en accueillait chaque jour autant à Saint Malo lors des visites organisées par ses équipages durant les périodes de relâche.

Le projet de Musée d'Histoire maritime malouine est un atout majeur pour l'avenir de Saint Malo, le Victor Pleven pourrait en être bien davantage que le porte drapeau.

Du temps de sa vie malouine, le Victor accueillait donc environ 3000 visiteurs par jour, c'est la preuve, s'il en est, de l'intérêt des estivants pour un tourisme « différent ».

 Mais au delà de ce témoignage du passé, le bateau a des avantages dont l'aura de sympathie qu'il dégage n'est pas des moindres.

Quelques propositions: Il y a, à Saint Malo, une École Nationale de la Marine Marchande.

Comme nous le précisait Monsieur Paul Bedel, ex Directeur de cette école et aujourd'hui Inspecteur général de I’Enseignement maritime à Paris, les élèves malouins ne disposent pas de lieux appropriés à leurs travaux pratiques.

Si la question des manoeuvres de sauvetage a été résolue par l'installation d'une station quai de Trichet, rien n'existe concernant les travaux pratiques sur la machine.

Tous les bateaux de marine marchande ont des moteurs, les élèves ont besoin de pratique, or le moteur principal, les annexes et la salle des machines du Victor ont été entretenus toutes ces années et pourraient être de précieux outils pédagogiques. Il y a aussi l'usine, la timonerie et le pont pour l'apprentissage du matelotage.

Le Victor est grand, une cohabitation est possible avec des visiteurs qui ne pourraient qu'être intéressés de voir des élèves apprendre leur métier.

L'accueil des marins en escale est un mal récurrent à Saint  Malo. Hormis un sympathique café, il n'y a aucun foyer pour leur offrir l'hospitalité.

Chaque année, le port enregistre 400 mouvements de bateaux de commerce et nul lieu pour accueillir les gens de mer.

Ce constat est une nouvelle fois dénoncée dans le journal Ouest France du 19 octobre 2005 par Monsieur Emmanuel Godillon, président de l'association Marine Amitié Partage.

Là encore, le Victor dispose d'espaces assez vastes pour abriter un foyer du marin, proposer un café, une adresse postale, un accès Internet, et pourquoi pas un lit si besoin est.

Quant aux problèmes de sécurité, c'est une question d'organisation simple à résoudre, l'accès au Victor est des plus faciles à contrôler.

Et quid d'héberger des associations comme Mémoire de Terre-neuvas qui ne sait où se réunir, où conserver les collections qu'elle présente lors d'expositions itinérantes.

Quid d'aménager une bibliothèque, une médiathèque consacrées à la Grande Pêche , il y a une publication, un nombre important de films sur le sujet.

 Quid d'une salle de projection dans la cale grande comme la nef d'une cathédrale, d'un lieu d'art vivant ou d'une salle de spectacle comme il n'en existe pas à Saint  Malo.

Quid de sensibiliser les écoliers, collégiens, lycéens, les citoyens aux questions de la gestion des ressources halieutiques, de la pêche artisanale qui est un acteur vivace de l'économie malouine, de rencontrer des hommes du métier, de simplement comprendre ce qu'il a fallu pour qu'on ait du poisson dans notre assiette.

Le propos aura un autre impact à bord de l'impressionnant Victor.

Quid de nouvelles idées qui ne manqueront pas démerger...

On l'aura compris, loin d'être une gêne, le Victor Pleven est bel et bien le meilleur allié du prochain Musée de l'Histoire maritime de Saint  Malo.

Et s'il faut donner la main pour aider à son retour, ce ne seront pas les bonnes volontés qui manqueront à l'appel, nous le savons pour leur avoir déjà demandé.

 

GUIDE DE LA VISITE DU  « VICTOR PLEVEN »

 

 

Lancé en 1971 par les chantiers navals polonais de GDANSK, le «  Victor Pleven » le plus grand chalutier-usine terre-neuvas du monde. Mais la suppression des quotas de pêche dans les eaux canadiennes de 1992 condamna ce géant des mers à abandonner la pêche à la morue. Sauvé de justesse de la démolition, le Victor Pleven devient à la base des sous-marins de Lorient le fleuron du patrimoine maritime contemporain.

Sa visite. vous fait revivre l'extraordinaire aventure humaine de la grande pêche grâce à une mise en scène surprenante. Depuis les cales jusqu'à la timonerie, en passant par le pont usine ou le pont de pêche, tous les recoins du navire éveilleront votre émotion.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DU VICTOR PLEVEN

Longueur         90 mètres

Largeur            15 mètres

Puissance minimale      2700 cv à 500t/mn

Vitesse du navire          14,5 nœuds

Capacité de la cale

- poisson congelé          1310 m3  soit 1000 tonnes

- poisson salé               365 m3  soit 250 tonnes

- farine de poisson        350 m3  soit 200 tonnes

 

Capacité des soutes.

- combustible                1989 m3

- eau potable                59 m3

- huile de graissage       27 m3

- vin                             8 m3

-  chambres à provisions .  300 m3

Nombre de place          62 places pour l’équipage

Dont 2 pour l’hôpital

Autonomie : 90 jours, inclus 10 jours aller – retour de lieu de pêche

SUIVEZ LE GUIDE.

 

1 PONT PRINCIPAL 

Nous vous proposons de suivre la vie d'un matelot lorsqu'il embarquait.

Ecoutez bien. Déjà vous entendez le Commandant en train de faire l'appel des Gars.

Au départ de la coursive tribord du pont principal,

 Vous découvrez l'installations les marins dans leurs cabines. Les cabines du pont principal accueillent deux matelots. Celles situées à tribord, regroupent la deuxième bordée, celles de bâbord la troisième.

Une bordée est une équipe pluridisciplinaire de marins. Il en existe trois sur le chalutier qui se relayent selon le système des trois / huit.

Les cabines sont inspectées une fois par semaine par le second capitaine.

Un peu plus loin, jetez un coup d’œil sur la réserve à vin qui pouvait contenir 8000 litres de boissons, dont 3500 litres de vin pour assurer 0,15  litre de vin par homme et par jour de mer.

Plus. loin, vous passez devant l'impressionnante réserve de farine, qui contenait 2000 kg de farine, et le magasin à bagages.

Puis passage par les lavabos.

Les sanitaires du pont principal sont rarement utilisés pendant les semaines de pêche dans la banquise car les canalisations sont gelées dans cette partie avant du chalutier.

 

2 PONT SUPÉRIEUR

Maintenant, vous vous trouvez sur le pont supérieur où vous découvrez successivement :

‑ à gauche le magasin sous-douane et ses caisses de tabac et d'alcools. Tiens, à côté, trois hommes sont en train de prendre leur douche.

Dans la blanchisserie, le «postal» est en train de sortir le linge des marins d'une machine à laver. En face, le séchoir.

Les hommes emportent des vêtements chauds ainsi que leurs cirés, leurs bottes et leurs draps. Les couvertures et les gants sont fournis à bord.

La visite se poursuit par la coursive bâbord du pont supérieur.

Vous y trouvez les cabines des marins

- les graisseurs (ils sont trois à bord),

- le chef baadériste, spécialiste de l'entretien (les machines "Baader" pour la transformation du poisson,

- les officiers dons leur carré, en train de regarder à la télévision une des cassettes fournies par l'armateur et choisie par le Capitaine en Second,

- le Bosco responsable des fils d'acier et de la propreté du bateau,

- le chef ramendeur, responsable du pont de pêche,

- le chef d'usine, (lui assure le fonctionnement de l'usine de transformation de poissons.

Vous passez à présent par la cuisine. Une cuisine de navire est toujours vide. Tout doit y être rongé systématiquement. Dans les placards, on trouve la vaisselle coincée dans des rails, verres et bols compris.

Passage ensuite dans la cabine du boulanger et du chef cuisinier, toute proche de la cuisine.

Vous voici devant le carré de l'équipage, opposé au carré des officiers que l'on vient de voir à bâbord.

Plus loin, vous voyez les graisseurs-mécaniciens en train de manger dans leur propre carré, parce que leurs quarts sont de durée plus courte et aussi parce que leurs vêtements sont imprégnés de l'odeur des machines.

Un petit coup d'œil sur le magasin de pommes de terre et sur les frigos de viande et de légumes. Délibérément, on pourrait presque s'inviter.

 

3 PONT GAILLARD

Quelques marches et vous sortez sur le « gaillard d'avant.

Profitez un moment de la magnifique rade de Lorient, Port-Louis et sa citadelle construite par Vauban, et la base de sous-marins de Keroman.

Vous poussez une porte et vous êtes à présent dans le bureau et l'appartement du chef mécanicien. Son téléphone dispose de son propre générateur, car en cas de parme du circuit général, il faut assurer les liaisons sur le navire en toutes circonstances. Il est là à son poste. Ne le dérangez pas.

Le chef mécanicien est responsable des machines, incluant le moteur principal ainsi que tous les moteurs électriques (treuils,) Il coordonne les trois autres mécaniciens et les trois graisseurs.

La visite se prolonge par l'infirmerie et l'hôpital Lieux maudits, car la rémunération des pêcheurs dépendait de leur travail, donc de leur bonne santé.

Puis vous sortez, en posant le regard sur le pont, vous voyez le chalut et le treuil

Avant de grimper par bâbord au sommet du navire par un escalier extérieur, vers la passerelle, vous trouverez une des deux baleinières à tribord, ces bateaux de sauvetage que les hommes du bord n'envisageaient jamais d'utiliser tant leur confiance dans le navire était importante.

4 PONT DE NAVIGATION

Là-haut, vous vous introduisez dans l'appartement du «Radio.

Son atelier, intact, livre à votre curiosité les outils dont il a besoin.

Il est là, plus vrai que nature, penché sur son tableau, à la recherche d'une onde, pour communiquer son message selon des codes volontairement Indéchiffrables. Son activité est si essentielle qu'il dispose pour lui seul d'un appartement équipé d'un coin cuisine.

Vous entrez maintenant dans la passerelle, ou encore «timonerie», lieu de commandement du navire. Les bruits du sonar, les hommes tendus sur les «taches» ‑ les traces de bancs de morues sur écrans ‑ Ici table à cartes du Capitaine, dont il est propriétaire, indiquent que nous sommes dans un lieu névralgique du bâti ment.

Dans son appartement, le Capitaine est en réunion avec deux hommes.

Ils discutent de questions de sécurité. Dans son bureau une feuille de «rapport de mer» du jour attend d'être envoyée.

Son appartement est entièrement lambrissé.

 

5 PONT DE PÊCHE

Comme tout l’escalier du bord, vous descendez maintenant par un  escalier dont l'inclinaison à été modifiée spécialement pour vous. Vous accédez à la passerelle arrière. De là, vous voyez la cabine du treuilliste, la timonerie et l'imposant treuil du chalut.

Rentrez à droite dans le magasin aux filets et aux chaluts pour y découvrir un film sur les conditions de pêche.- puis redescendez sur le pont-usine.

 

6 PONT USINE

Observez les différents poissons d'eau de mer froide dans les, trémies et les aquariums. Découvrez le fonctionnement d'un atelier de filetage, avec son tapis roulant, la mise en caisse, les fours à congélation. Et ne ratez pas les vues plongeantes sur la salle des machines et la cale salée

Votre visite se termine.' L'équipage du Victor Pleven espère vous avoir fait partager son émotion et vous souhaite une bonne fin de journée.

 SAUVONS LE VICTOR PLEVEN !

 

Dernière modification :20 Avril 2009