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J’ai
choisi ce sujet sur l’enseignement maritime, extrait du dossier de « Pêche
Européenne » qui reflète le malaise de vocation chez les jeunes
Européens. PINSON Yves, Capitaine de Pêche, Enseignant
Maritime. Assurer la relève du métier de marin – pêcheur ! Le
métier de marin pêcheur est boudé par la jeune génération. La formation
professionnelle lui rendra-t-elle sa motivation ? Un
problème de relève se fait sentir partout en Europe. Les jeunes se désintéressent
du métier de pêcheur réputé difficile et ingrat, parfois dangereux et, dans
l'ensemble, peu rémunérateur. L’image
du secteur semble bien peu attractive pour la nouvelle génération qui considère
la vie du pêcheur comme une vie de sacrifices et d'horaires parfois difficiles
qui n’offre pas de garanties de lendemains. Cette
question inquiète de plus en plus les professionnels qui y voient une menace
supplémentaire pour l'avenir de leur métier. Face à la diminution des stocks
et l'affaiblissement de la rentabilité des bateaux, beaucoup de pêcheurs sont
frustrés par les perspectives moroses de la filière. Les jeunes potentiellement intéressés par la pêche hésitent à se former au métier et à investir. Beaucoup d'écoles de pêche ont dû fermer ces dernières années à cause d'un manque d'élèves et, par ricochet, de financement public. Dans
le numéro, «La Pêche européenne» se fait l'écho de cette préoccupation
et consacre son dossier à la formation. Autrefois,
le métier de marin pêcheur, comme d'autres métiers d'ailleurs, se
transmettait de père en fils, sur le tas. Peu
de jeunes avaient alors la possibilité de choisir une autre voie que celle de
leurs aînés, faute de moyens ou d'opportunités. Peu
à peu, cette tradition s'est estompée laissant la place à un large éventail.
d'alternatives offertes notamment par l'extension de l'enseignement public. De
nombreux métiers d'artisans sont malgré tous restés attachés à cette
filiation orale où le savoir se transmet de bouche à oreille, en prise directe
avec le terrain. Ce
passage de témoin forme aujourd’hui encore de très bons professionnels de la
pêche partout dans l'Union européenne. Mais
de plus en plus, les pêcheurs se voient confrontés à des défis liés
notamment au progrès technologique, à la pénurie de poissons et à la
concurrence croissante au niveau mondial. Les
pêcheurs doivent, par exemple, être en mesure de maîtriser les nouvelles
techniques de pêche et de protéger la ressource contre la surexploitation en
utilisant des engins sélectifs. L’approfondissement
des connaissances relatives au traitement soigneux des produits de la pêche est
également essentiel afin de compenser la baisse des captures par une
valorisation du produit qui rapporte un meilleur prix. Beaucoup
d'attention doit aussi être accordée à des cours de sécurité en mer pour réduire
le nombre d'accidents toujours trop élevé sur les bateaux de pêche. On
mesure là toute l'importance de la formation et de son accès. Pour
répondre à la nécessité de former les pécheurs, des initiatives de
formation sont prises ou encouragées au niveau national et communautaire. La
plupart des États membres ont établi une formation spécialisée pour les pêcheurs
même si on constate une certaine inégalité des systèmes éducatifs. Les
enseignements les plus performants et les plus appréciés semblent être ceux
qui offrent un équilibre entre la théorie et la pratique et qui se basent sur
des formations ciblées, aussi bien pour les jeunes pêcheurs que pour les aînés. Au
niveau communautaire, la Commission européenne contribue par les Fonds
structurels à la promotion d'actions de formation. Dans
le cadre plus large de la révision de la politique commune de la pêche, la
Commission va présenter des propositions visant notamment à renforcer la
protection de la ressource et promouvoir la restructuration du secteur afin
d'assurer la viabilité économique du secteur et garantir un avenir aux jeunes
pêcheurs. Dans
ce contexte, une bonne préparation ne peut que contribuer à valoriser le métier
et à assurer la relève. Devenir marin - pêcheur dans l’Union européenne
Un enseignement a plusieurs vitesses D'aucuns
considèrent la formation comme l'une des clés de la réussite professionnelle.
A
l'heure où le métier de marin pêcheur se fait plus pointu compte tenu
notamment du progrès technique, de l'évolution de la ressource ou encore du développement
de nouvelles concurrences, la formation devient, dans ce secteur,
incontournable. Affaiblie
par la crise qu'elle traverse, l'industrie de la pêche semble pourtant s'en détourner:
les bancs des écoles spécialisées sont désertés et les vocations de plus en
plus rares. L’enseignement
du métier, dont la responsabilité incombe aux États membres, est très inégal
au sein de l'Union européenne. Parfois inexistant ou peu structuré, il souffre
souvent d'un manque de valorisation et de moyens. Avec
pour constante: une disparition de la main-d’œuvre. Faut-il, dans ce
contexte, craindre pour l'avenir de la profession? On
dit souvent que la formation est ce qui valorise une profession. Le monde de la
pêche est-il l'exception à la règle? Longtemps,
les marins pêcheurs ont hérité du savoir-faire de leur père, peaufinant leur
habileté au gré de leur propre vécu. Aujourd’hui
encore, ils sont nombreux à se passer le relais de génération en génération
sur les passerelles et les ponts des navires. Qui mieux que la mer elle-même
peut en effet livrer ses secrets? Le
progrès a tout compliqué. Les techniques modernes de pêche et de navigation nécessitent,
pour tout pêcheur désireux de rester compétitif, un minimum d'apprentissage. La
profession, elle-même, est devenue de plus en plus exigeante. Le
patron pêcheur d’aujourd’hui connaît souvent l’anglais, l’informatique
et la mécanique, il a des notions de gestion. C’est
un métier complet mais aussi dangereux. Le marin doit être averti en matière
de sécurité et de premiers soins. La
pêche comprend différentes spécialités, et un navire, de nombreux postes précis.
Le
petit pêcheur côtier, qu’il travaille seul ou en famille, est quant à lui
appelé à remplir plusieurs taches en même temps. La
majorité des États membres a prévu un enseignement « ad hoc »
pour ses pêcheurs. Mais
les diplômes requis, ainsi que les niveaux d'étude proposés diffèrent
fortement d’un Le
Danemark, sensibilisé aux problèmes de recrutement, a mis en place il y
a 5 ans, un système scolaire pour jeunes pêcheurs tout à fait spécifique et
complet. Il est un exemple à suivre dans l’Union européenne En
Espagne, une formation minimale est imposée au marin: la « Competencia
– Maritima » qui prévoit 100 heures de formation. Ces cours sont
organisés dans des écoles ou, notamment l'été dans les ports, par les
Cofradias, les confréries de pêcheurs. Au degré supérieur, une réforme en préparation depuis 1990 entrera en vigueur dès la rentrée scolaire prochaine. Avant
cette échéance, subsistent cinq échelons obligatoires, à gravir l'un après
l'autre pour accéder au sommet: Capitaine de pêche. Après
la réforme par contre, le candidat pourra d'emblée suivre le grade qui l'intéresse
sans plus passer par les niveaux intermédiaires.
La formation professionnelle espagnole espère ainsi renforcer ses cours
et élever le niveau moyen. Deux
niveaux académiques, le « grado medio »et le « grado superior », donnant
accès aux postes de cadres pour la pêche et pour la machine, sont instaurés. Les
cours sont plus lourds: 2000 heures. Il est vrai que les nouveaux capitaines de
pêche ou chefs mécaniciens n’auront forcément pas navigué autant que les
anciens qui seront passés, comme le voulait l'ancien système, par chaque échelon.
Mais
d'un autre côté, le nouveau capitaine de pêche pourra développer sa carrière
tant dans la pêche que dans la marine marchande grâce à la polyvalence de sa
formation, On
le voit, le niveau espagnol tend à s'élever alors que de moins en moins de
jeunes choisissent cette carrière. C'est
également le cas en Grèce, où les niveaux d’étude sont assez
disparates. Ainsi, la Grèce compte beaucoup d’écoles pour personnel
navigant. Leur
enseignement est exigeant et hautement qualifiant. Mais rien n’a été prévu
pour les marins pêcheurs, qui apprennent leur métier sur le tas et desquels,
forcément, aucun diplôme n’est réclamé. Pour
être patron pêcheur en Grèce, il suffit d’avoir plus de 18 ans, 5 ans de
navigation et d'être détenteur d’une licence individuelle de pêche. Les personnes diplômées se dirigent vers d'autres
métiers. Au
Portugal, des formations spécifiques existent. Mais elles s'opposent à
une certaine résistance des professionnels, qui les trouvent trop théoriques. Depuis
1986, « Forpescas », le plus important organisme de formation
professionnelle pour les pécheurs du pays, propose aux futurs marins un module
obligatoire de 4 ans, dont 6 mois de cours pratiques. Le
diplôme obtenu permet de s'inscrire à la capitainerie et donne une équivalence
avec l'enseignement secondaire classique. Beaucoup
d’élèves poursuivent ensuite leur cycle scolaire mais s'orientent vers une
autre profession. « Forpescas » dispense également des cours de
formation continue pour adultes mais ceux-ci, obligés d’interrompre pour cela
leur activité, y renoncent bien souvent. L’École
portugaise de pêche et de navigation commerciale de Lisbonne se consacre
essentiellement à la qualification des marins marchands. Les
marins pêcheurs peuvent y acquérir un diplôme de «Maître de côte » ou de
« Maître du large », grades les plus élevés de la hiérarchie. En
Belgique, où un cycle secondaire complet de 6 ans a été prévu, la
formation est exclusivement délivrée en région côtière. L’institut
maritime provincial compte deux établissements accueillant des élèves âgés
de 11 à 18 ans: le premier prépare essentiellement les machinistes et
techniciens naviguant, le second, les futurs matelots. Après
un tronc commun de deux ans, les étudiants optent pour l'une ou l'autre voie.
L’institut, très bien équipé à terre et en mer, ne propose toutefois que
peu de cours pratiques. Des formations du soir sont
également accessibles aux professionnels et aux chômeurs. Nombre de diplômés,
ici aussi, continuent sur leur lancée et briguent des grades supérieurs. En
France, la
formation aux métiers de la mer relève, des compétences du Ministère
de l'Equipement des Transports et du logement Douze
écoles de cette filière publique sont ouvertes sur le littoral, quatre autres
se consacrent à la formation continue. Les
titres qu'elles délivrent sont indispensables pour être embauché. Le CAP
(certificat d'aptitude professionnelle) de marin pêcheur donne accès au BEP
(brevet d’études professionnelles) de conduite et exploitation des navires de
pêche ou encore au BEP de machines marines. Toutes
ces formations durent 2 ans et comportent quelques semaines de stages. Un an de
cours supplémentaire permet d’obtenir le brevet de lieutenant, auquel il faut
ajouter 3 mois pour devenir patron de pêche, à condition d’avoir au moins 21
ans. Bien
qu’amélioré récemment, beaucoup déplore ce système qui permet à de très
jeunes gens d’évoluer bien vite dans la hiérarchie. A
contrario, l'Irlande, sous la responsabilité du BIM (Office national de
la mer), procure avant tout aux futurs professionnels un enseignement supérieur
très bien organisé accessible aux plus de 18 ans, via deux écoles
attitrées. Originalité
à signaler, dans le domaine de la formation continue: deux unités mobiles
sillonnant la côte proposent des formations de quelques jours aux pêcheurs, évitant
à ces derniers le manque à gagner engendré par des modules plus longs. Au
Royaume-Uni, les professionnels réservent un bon accueil aux formations
d'un jour organisées sous l'égide de l'organisation « Sea Fish Industry
Authority ». Pour
les débutants désireux d'occuper un poste à responsabilité, la qualification
requise dépend de la taille du navire et de la zone de pêche qu’ils
convoitent. Les
diplômes sont délivrés par différents établissements de formation. Ces
dernières années, l'accent a davantage été mis sur les cours « intra-muros»,
au détriment de la pratique. Tous
les professionnels, débutants ou expérimentés, sont contraints de suivre un
« safety training» (formation sur la sécurité en mer). Quelques
organisations indépendantes proposent également des cours ciblés. C'est le
cas, en Ecosse, du Seafood Scotland. Aux Pays-Bas, les niveaux d’étude requis dépendent
également de la longueur et de la puissance du navire, ainsi que de la zone de
navigation. Six écoles publiques couvrent le territoire national: 3 pour l'enseignement technique, 3 pour le degré supérieur. Passés l'âge de 23 ans, les pécheurs actifs ont la possibilité de suivre des cours privés. Depuis quelques années, le nombre d'étudiants tend à décroître. Selon les observateurs, cette tendance se marque dans l’ensemble des écoles techniques toutes orientations confondues. Comme dans la plupart, des États membres, l'industrie de la pêche pâtirait en sus d’une image peu attrayante. Diverses actions de promotion
ont été lancées par les autorités pour y remédier. Deux niveaux d’étude coexistent de la même manière
en Allemagne. Une école de pêche admet les étudiants de 16 à 21 ans, souhaitant se former au métier. Une
seconde formation, supérieure, s'adresse aux futurs capitaines de plus de 21
ans. Ces
deux écoles de pêche se situent sur la côte balte et dispensent leur
instruction, mi-théorique, mi-pratique, en 3 ans. Chacune délivre un diplôme,
obligatoire pour exercer. Les
étudiants gagnent leur vie lors des stages. Des cours pour adultes et chômeurs
sont également prévus, mais de moins en moins fréquentés. La
Finlande observe, elle aussi, chez les jeunes un net désintérêt pour
la profession de pêcheur. Trois
écoles secondaires y accueillent les plus de 16 ans qui se destinent au
secteur. Après
un an de Cours communs, ils optent pour un métier précis: aquaculture,
transformation ou pêche. Les
études durent 3 ans, dont la moitié se passe en mer. Entre
ce niveau et l'université, existe un institut polytechnique pour officiers. Des
écoles professionnelles réparties dans tout le pays proposent quant à elles
des formations ponctuelles courtes aux pêcheurs expérimentés. Deux pays n’ont pas développé d'enseignements spécifiques:
l'Italie et la Suède. Dans
la péninsule italienne il suffit en effet d’avoir atteint l'âge de 15 ans et
de passer une visite médicale pour être embauché sur un navire. L’exercice
de la profession de pêcheur exige toutefois un préalable: avoir travailler sur
un bateau en tant que mousse pendant 12 mois. Quinze
écoles dispensent, aux adolescents intéressés, une formation de patron de pêche
de trois ans. Mais ce
diplôme n’est pas obligatoire pour exercer. En
Suède, il n’existe aucune école pour marin pêcheur. L’association
nationale des pécheurs est actuellement en train de travailler, avec les
transformateurs, à la création d'un enseignement à destination de l'ensemble
du secteur. Des
activités de formation pour les pêcheurs, on le voit, sont organisées dans
presque tous les États membres de l’UE. Le
caractère et la structure de ces activités diffèrent considérablement d'un
pays à l’autre selon leurs spécificités. Quelques
pays ont établi des formations assez ciblées tandis que d'autres ont opté
pour des formations d'une nature plus générale. La
formation est un outil important en vue de former les pécheurs de demain et
d’assurer la relève. Mais
le travail de recrutement n’est pas facile. Le métier souffre dune image plutôt
négative et, dans certains États membres, on a décidé de lancer des actions
de relations publiques pour rectifier cette image largement injuste. Une
chose est sûre : aujourd’hui comme demain, le marin pêcheur doit posséder
une multitude de compétences et une grande flexibilité. Il doit s’y préparer.
Mais pour quelle fin ! Exercer un métier des plus qualifiés et des plus palpitants de la... terre.
Il
paraît que certains poissons n’hésitent pas à prendre la parole ! Avenir de la formation maritime en bretagne Enjeu de l’adaptation de la formation professionnelle « En maints endroits, on signale une désaffection pour les industries de la mer. L’exode maritime serait aussi néfaste pour notre économie nationale que l’exode rural. » Pierre MARRAUD, ministre de l’Instruction Publique et des Beaux Arts.Gouvernement POINCARE, 1926 – 1929. « Un navigant est parfois un pêcheur, un pêcheur est toujours un navigant » Enjeu de l’adaptation de la formation professionnelle Alors que la France vit une période de chômage frappant en particulier les jeunes en situation de recherche d’emplois, le milieu de la pêche professionnelle souffre cruellement du manque de candidats pour entrer dans ses métiers. Ceci est vrai dans toutes les régions maritimes françaises et quelles que soient les techniques de pêches ou les espèces recherchées. Il est certain que les difficultés à s’installer comme patron armateur, du fait de la cherté des navires causée par les PME, le manque de lisibilité de l’avenir, les problèmes récurrents d’adaptabilité des moyens de productions en adéquation avec les possibilités de la ressource et l’envolée sans doute irréversible du prix du gazole, ne sont pas incitatifs pour s’engager dans des professions sujettes à tant d’impondérables. Pourtant, si les mesures adéquates sont prises, en particulier afin de permettre la pérennité de la ressource assurant de facto celle des entreprises, mais également permettant l’accès à la création de sociétés pour les jeunes, il est certain que les pêches françaises ont un avenir devant elles. En effet, la population est de plus en plus demandeuse de produits de qualité : en moins de vingt ans, le français est passé d’une consommation de 14 kilos de produits de la mer, a plus de 25 kilos. Il est certain que ce besoin de produits frais et naturels va encore augmenter et ceci, probablement de façon très importante. Les espagnols ont une consommation de produits de la mer supérieure à 35 kilos et les japonais à 80 kilos. Les marges de manœuvre sont donc généreuses et demain pas forcément si morose qu’on pourrait le penser. Il y a un avenir pour les produits de qualités et ceux qui y pourvoiront, dont les marins pêcheurs bretons et français. Pour ceci, il est indispensable que les formations soient adaptées aux nouvelles contraintes économiques, techniques, environnementales, européennes et internationales. Le monde maritime ne peut rester sur des acquis, mais est dans l’obligation d’évoluer, sous peine de disparaître par manque d’adaptation aux nouvelles données. Le but de la formation est multiple :
Pour ceci, le monde de la formation doit être à l’écoute des besoins, des possibilités, des demandes. Dans la mesure du possible, il doit être précurseur et ne pas suivre avec énormément de retard. Le peu d’importance quantitativement de la formation maritime, au lieu d’être un handicap, doit être un avantage. En effet, cela doit lui permettre de réagir rapidement aux demandes et aux contraintes. Elle ne doit pas rester figée dans les formations réglementaires, qui bien que nécessaires ne sont pas suffisantes et très loin de là. Elle doit innover en permanence et pour ce faire, avoir le meilleur personnel, connaissant tant le milieu professionnel que celui des formations et s’impliquant dans la vie portuaire. Le monde de la pêche manque de main d’œuvre Le Contrat d’Etudes Prospectives du secteur des Pêches Maritimes (C.E.P.) réalisé sous le couvert du CEREQ/LESSOR/LEN-CORAIL/ITHAQUE en 2002, est un repère intéressant pour fixer l’évolution des effectifs. Les marins ressentent de façon profonde la fuite du personnel depuis les années 1960/1970. Ceci s’est accentué par la suite. Le colloque « Créations d’emplois à la pêche » qui s’est tenu en 1996 à Pont l’Abbé, avait déjà pointé les nombreuses carences et suggéré de nombreuses pistes pour y pallier. Les effectifs de marins pêcheurs « Sur les douze dernières années (1988 – 2000) les marins pêcheurs ont perdu le quart de leurs effectifs, passant de 30 500 à 23 500 (pour ceux embarqués au moins une fois par an) ». D’après les statistiques fournies par les monographies de la DAMGM (Direction des Affaires Maritimes et des Gens de Mer), ces dernières années, les différentes façades maritimes sont touchées. Par exemple sur Concarneau, la pêche au large perd la moitié de ses effectifs en dix ans. La pêche côtière résiste mieux. Il est probable que le chiffre de 16 000 marins pêcheurs, navigant à plein temps, est réaliste. Le recrutement et renouvellement « En moyenne les départs en retraite représentent 800 marins par an soit un peu plus de 5% des effectifs totaux d’actifs.En 2000, les entrées représentaient un peu plus de 1000 marins c'est-à-dire la moitié de ce qu’elles étaient il y a douze ans. Une partie des besoins de remplacement des départs n’est pas pourvue ». Ceci ne tient pas compte de deux choses :
Il n’y a pas de chiffres réels sur ces navigants mais on le situe à 50 - 60% du chiffre de départ. On estime que en formation initiale, les CAP quelques années plus tard, naviguent encore pour 60%, alors que les BEP ne sont plus que 50%. En formation continue, CIN et CIP, on avance des ratios similaires. De ce fait, on double en réalité les besoins du renouvellement par rapport aux seuls départs en retraite. De 800 nous passons à 1600 emplois à pourvoir. Et pour 1000 entrants une année donnée, il n’en reste plus que 600, cinq ans plus tard. Les effectifs en formation initiale, tout confondus, dans les Lycées Professionnels Maritimes français sont d’une année sur l’autre, aux environs de 1600. Sachant que les formations pêches durent deux années, nous n’avons que 800 sortants par an. De plus, une partie de ces formations visent la conchyliculture/aquaculture, sinon couvrent certains besoins du para maritime (comptabilité à Cherbourg, poissonnier, etc…). Il a été cité le chiffre de manque de marins à 1000 pour l’ensemble du littoral. Ceci nous semble réaliste. Les difficultés de recrutement concernent aujourd’hui l’ensemble des secteurs économiques, particulièrement ceux où les emplois sont manuels. Ce n’est donc pas un phénomène spécifique à la pêche. Il faut aussi noter que les carrières deviennent de plus en plus courtes. Une formation maritime qui tarde à s’adapter Le dispositif actuel et son évolution Depuis une vingtaine d’années, les adaptations du système de formation ont été continues. Elles se sont souvent opérées sous l’effet de pressions extérieures (évolution de l’enseignement technologique, contraintes de l’OMI et de STCW). L’impulsion du milieu professionnel n’a pas été dominante, excepté pour les tous premiers CAP et les Bacs Pros actuels. La création d’une filière de formation initiale au début des années 1990 a constitué une nouveauté, mais jusqu’à l’an dernier, la filière s’arrêtait au BEP. Sous notre impulsion un baccalauréat professionnel Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes (CGEM) a vu le jour et a été mis en place au Guilvinec à la rentrée 2005/2006. Simultanément, un second baccalauréat professionnel Electromécanicien de marine a été mis en place à Paimpol. Cette filière demande donc à être finalisée par un Brevet de Technicien Supérieur (BTS). Le poids des formations réglementaires est déterminant L’ensemble du système repose sur les brevets imposés dès l’entrée dans la profession. Les brevets de commandement ne sont accessibles qu’après des temps de navigation donnés (discutés régulièrement au sein de l’interprofession, avec DAMGM). Ces brevets relèvent pour leur quasi-totalité de la formation continue (à l’exception de la formation supérieure visant uniquement la marine marchande). En 1999, intervient une refonte complète de la formation professionnelle dans le cadre de la convention internationale STCW (Standard of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers). Il y a une volonté d’aménager des passerelles entre la pêche et le commerce, à tous les niveaux. Ceci rompt enfin avec les volontés précédentes de cloisonner et d’empêcher de partir ceux qui étaient entrés. Avec le risque avéré de rebuter les bonnes volontés qui souhaitent pouvoir changer d’orientation au bout de quelques années de navigation, et en conséquence, n’y entraient pas. Chacun sait qu’aujourd’hui et encore plus demain, nous aurons tous plusieurs métiers et emplois dans notre vie active. Une histoire chaotique Depuis la création de l’AGEAM (en 1941) devenue par la suite AGEMA (Association de Gestion des Ecoles Maritimes et Aquacoles) et sans doute bien avant, le but de la formation continue maritime était triple :
Par contre, l’aspect strictement professionnel, pour les pêcheurs, « comment pêcher, conserver et bien vendre, un produit sauvage, à quantité variable et à mœurs mal connus », n’était que très peu abordé. Un verni très léger de connaissance des pêches et de leur environnement, était sensé suffire. Le service de la formation était rendu convenablement pour les besoins de la marine marchande et suivant ses desideratas, mais nullement pour la pêche. De fait, la pratique de la pêche s’apprenait sur les navires et nulle part ailleurs, par manque de volonté de l’enseignement de la prendre en charge. De plus, les professionnels ne pensaient pas que ces besoins pouvaient être couverts dans les écoles, ne l’ayant jamais vu faire ainsi, et doutant des qualifications en matière de pêche des instructeurs venant surtout de la marine militaire et marchande. En formation initiale, qui se réduisait à une formation pratique donnée en un an et se concluait par la délivrance d’un CAM (Certificat d’Apprentissage Maritime), il était appris les gestes de base de matelotage, ramendage et utilisation d’une embarcation. A ceci venait se rajouter un peu de pratique de travaux du fer et du bois, que l’on complétait par quelques notions de sécurité et de navigation, très sommaires. Du fait du manque de fond de l’enseignement maritime qui ne répondait pas aux besoins réels des marins, l’école maritime (école des pêches) était subie et non souhaitée. La transmission orale des connaissances pratiques et indispensables fonctionnaient à plein par la tradition familiale. Pour devenir patron de pêche, il valait mieux être fils de patron soi même. Pour avoir un brevet donnant l’autorisation de commander ou de devenir mécanicien, il fallait revenir sur les bancs de « l’école de pêche » en formation continue pour adulte. Mais on savait très bien que l’on n’y apprenait pas l’indispensable : L’art de la pêche et les connaissances nécessaires pour la pratiquer dans les meilleures conditions. Des formations importantes étaient oubliées. Dans les années 1970, sous l’impulsion du CEASM (Centre d’Etude et d’Action Sociales Maritimes), des livrets enseignant la comptabilité de base pour une entreprise maritime furent imprimés et distribués dans les EAM :
A notre connaissance, ils n’ont malheureusement jamais servi de supports de cours pour l’AGEAM bien qu’ils aient été distribués dans les EAM. Par contre, beaucoup de ces exemplaires servirent avec succès à former à la comptabilité les épouses de marins, qui par la suite prirent en main les finances de leur entreprise. Il était prouvé que le besoin et la demande existaient. Manque de formations qualifiantes adaptées Aujourd’hui encore, il n’y a aucune formation qualifiante malgré les besoins criants :
Une centralisation de la formation continue Parallèlement, la formation continue a été centralisée sur Concarneau. Aujourd’hui, le CEFCM (Centre Européen de Formation Continue Maritime) gère toute la formation continue maritime bretonne. Hélas, habitués à une proximité géographique de la formation, les marins des autres quartiers refusent de se rendre dans ce centre et toutes les formations périclitent, de la plus haute (capitaine de pêche) à la plus basse (capacitaire). Les seules à ne pas souffrir de problèmes de recrutement sont les formations pour adultes permettant l’entrée dans la profession, CIN et CIP. Il est à signaler d’ailleurs, qu’il serait probablement nécessaire d’ouvrir des formations supplémentaires, surtout en CIP qui est mieux adapté aux besoins et souhaits des professionnels. Un exemple flagrant : il y a dix ans, malgré les protestations très fortes des professionnels, suivies de nombreuses promesses jamais tenues, les formations de lieutenant de pêche et de patron de pêche ont disparus du Guilvinec. Aujourd’hui, il y a très peu de bigoudens en formation à Concarneau. D’ailleurs également, malheureusement. En 2006, une petite dizaine de bretons sont en formation lieutenant/patron à Concarneau. Ceci doit nous interpeller. Déclin des formations de Capitaine de Pêche C’était une formation phare de l’enseignement maritime car la seule formation supérieure pour la pêche. Traditionnellement, elle avait lieu dans les ENMM, devenues EMM depuis quelques années, et tous les pêcheurs qui y ont eu recours, s’en sont trouvés enchantés. Le CEFCM a mis en place cette formation il y a quelques années. Parallèlement, le brevet de « chef de quart passerelle » qui était décerné aux titulaires du Capitaine de pêche, avec quelques modules complémentaires, a été supprimé, pour des raisons que nous ne comprenons pas. Le résultat ne s’est pas fait attendre : Il reste très peu de candidats dans les deux écoles de Nantes et Concarneau (moins de dix cumulés) et cette formation très valorisante risque de disparaître si des mesures très rapides ne sont pas prises. Depuis quelques années, une petite dizaine de capitaines de pêche (dont quelques étrangers), sont formés annuellement. Ceci est grave. Il s’agit d’une formation d’excellente qualité et qui a permit à beaucoup de pêcheurs des reclassements très valorisants dans l’offshore ou la marine marchande, sans oublier les carrières de la pêche industrielle, semi industrielle et thonière. Beaucoup de patrons pêcheurs artisans ont également suivi ces formations et en ont été très satisfaits. De plus, les marins pêcheurs sont très recherchés dans les activités très spécifiques de l’exploitation pétrolière, du fait de leur compétence de manœuvriers, de leur adaptabilité et leur réactivité devant des événements inattendus. Il est urgent de redynamiser cette formation et de la revaloriser. Nous ne formons plus de cadres et ceci est mortel à moyen terme. Il est dit que dans les dix ans à venir, 50% des entreprises de pêche sont à reprendre. Malheureusement, à la cadence actuelle, on est très loin de former les brevetés nécessaires pour ces reprises. La Région Bretagne est dans l’obligation de repenser entièrement la formation continue maritime et de tirer les leçons de l’échec de la centralisation concarnoise. Sans cela, par manque de brevetés, d’avenir et de lisibilité, il est certain que nos entreprises seront reprises par des sociétés étrangères à moins qu’elles ne soient tout simplement « déchirées », euphémisme pour dire détruites avec subventions européennes. Une nouvelle vision de la formation Un navire de pêche artisan est une entreprise comme une autre, à la différence essentielle que les capitaux investis sont très importants, avec des ratios proches de ceux de l’industrie lourde, et que son activité se passe dans un milieu parfois hostile et concerne des produits vivants et sauvages. De ce fait, des formations spécifiques sont nécessaires, tenant compte des obligations de sécurité en mer, mais également, des formations à l’écologie, pour appréhender les devoirs du prédateur qu’est le pêcheur, et à la comptabilité, afin de pouvoir discuter avec son comptable, groupement de gestion, banquier ou percepteur. Par ailleurs, la surexploitation chronique de toutes les pêcheries, nécessite la prise en compte sérieuse de la gestion de la ressource et de l’exploitation rationnelle permettant une activité pérenne à longue échéance. Ces volets indispensables n’existaient pas dans les anciennes formations, car on pensait que la mer était inépuisable. Nous les avons fait entrer dans les référentiels des nouveaux baccalauréats professionnels. Quelle doit être aujourd’hui la logique de l’enseignement maritime ? Elle doit permettre
Créant une attractivité de la formation et des emplois; Permettant une évolution permanente des carrières ; Afin d’assurer une reconversion éventuelle dans des activités similaires ou différentes. Pour ce faire, les formations doivent être de qualité au plan :
Car les LPM forment :
Des référentiels adaptés aux besoins Il est nécessaire que les référentiels d’enseignement général soient en conformité avec ceux de l’Education Nationale. Par contre, pour les référentiels professionnels, nous avons toutes latitudes pour les adapter à nos réels besoins, actuels et si possible, à venir. L’anticipation est donc nécessaire à la réflexion mais également la réelle connaissance des pratiques et des souhaits. Tout ceci doit être suggéré, accepté et validé par les professionnels afin d’avoir un consensus maximal. Des référentiels professionnels validés par les professionnels Dans ce but et afin de coller au plus près aux souhaits et aux besoins, au présent et à l’avenir, si tant est que ceci est possible, les référentiels professionnels des bacs pros, ont été écrits, sous l’autorité de l’IGEM (Inspection Générale de l’Enseignement Maritime) et avec l’aide de professeurs des ENMM (Ecole Nationale de la Marine Marchande), par des professionnels, contrôlés eux-mêmes par leurs pairs, dont ils recevaient les suggestions et remarques. Les référentiels d’enseignement général sont choisis dans la panoplie des référentiels de l’Education Nationale, de manière à ce qu’ils soient en relation étroite avec les besoins des professions maritimes. A ces diplômes reconnus par l’Education Nationale, après un temps de navigation dans certaines conditions, sous réserve d’aptitude physique contrôlée par un médecin des Gens de Mer et d’avoir acquis tous les modules complémentaires nécessaires pour être aux normes internationales de l’OMI (Organisation Maritime Internationale), viennent se rajouter des brevets, reconnus internationalement (norme STCW) [Standard of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers], et permettant de naviguer comme officier, puis comme patron/commandant ou chef mécanicien. Deux Bacs Pros Deux bacs pros ont été écrits et mis en place simultanément : Bac Pro Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes, avec le brevet de Lieutenant de pêche/capitaine 200 après un an de navigation et celui de patron de pêche/capitaine 500, après deux ans de navigation ; Bac Pro Electromécanicien Marine, donnant le brevet d’officier mécanicien. Brevets de Techniciens Supérieurs (BTS) Par ailleurs, afin de terminer le cursus de formation initiale et d’entrer dans la formation supérieure, il est nécessaire de mettre en place des Brevets de Techniciens Supérieurs (BTS) qui seront également couplés avec des brevets de la marine marchande (Capitaine de Pêche et Capitaine 3000) existants déjà et reconnu par STCW (Standard of Training, Certification and Watchkeeping for seafarers).A ce moment, la porte sera donc ouverte pour l’enseignement supérieur pour les meilleurs et le Capitaine Illimité (qui s’appelle « Capitaine » et est équivalent à l’ancien Capitaine au Long Cours) devient possible par la promotion sociale. La même démarche doit être effectuée pour les BTS Mécanicien. Des formations tirées vers le haut Capitaine La formation de « Capitaine » (pendant quelque temps, ce brevet s’est appelé « Capitaine illimité ») a été mise en place à Saint Malo il y a maintenant trois ans. Elle s’adresse aux titulaires du Capitaine 3000 (ex Capitaine Côtier). C’est une formation en seize semaines qui apporte les modules indispensables à l’exploitation des navires de fortes capacités. Avant que cette formation ne soit donnée à Saint Malo, elle avait lieu à Anvers, en Belgique. La formation à Anvers est donnée en anglais et s’adresse à tous les européens. Les scandinaves y sont particulièrement nombreux. Le fait que les français y étaient de plus en plus présents a incité la Direction des Gens de Mer (DAMGM) à l’intégrer dans son enseignement supérieur. Il est certain que cette possibilité est attrayante pour les jeunes français entrant dans les Lycée Professionnels Maritimes. Cursus En effet, entrant pour un BEP en fin de troisième, après obtention de ce diplôme reconnu par l’éducation nationale, ils peuvent suivre un bac pro donnant après des temps de navigation réglementaires, des brevets de commandement reconnus par l’Organisation Maritime Internationale (OMI), patron de pêche/capitaine 500. Après obtention des bacs pros, possibilités de suivre un Brevet de Technicien Supérieur (BTS), donnant des brevets de commandement reconnus par l’OMI (Capitaine de pêche et Capitaine 3000) ou d’officier mécanicien. Ce brevet de Capitaine 3000, qui après un temps de commandement devient un Capitaine 8000, ouvre la possibilité de suivre la formation de Capitaine « illimité », ex capitaine au long cours. Nous avons là, un schéma idéal de promotion sociale qui est valorisant pour les jeunes entrant en formation maritime. Ces possibilités existent aujourd’hui, bien que très mal connues, mais seulement en formation continue. Il faut faire en sorte qu’elles soient possibles en formation initiale. Entrée à différents niveaux Il est évident que, si on peut entrer dans un Lycée Maritime en fin de troisième, par le biais du BEP, il doit être également possible d’intégrer la formation maritime à tous les niveaux : seconde, première, terminale ou première année de BTS. Une troisième voie mériterait d’être explorée : la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) Formations continues et Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) Les possibilités de la VAE doivent être exploitées de deux façons différentes dans le milieu de la pêche : 1) La façon « classique » de validation et valorisation de l’expérience, en permettant la délivrance de brevets de plus hauts niveaux à des personnes en situation d’exercer les prérogatives liées à ces brevets. Eventuellement, sous conditions d’acquérir certains modules jugés indispensables. 2) Etant donné que tous les brevets de commandement et autres existent, sont enseignés et employés, et sont reconnus au niveau international, il est nécessaire par le biais de la VAE de leur donner des équivalences dans les diplômes nationaux. Par exemple :
Il est probable que quelques modules complémentaires de formation générale devraient être validés. Ces modules seraient préparés dans les centres de formation maritime. Il est certain que ceci aurait un fort impact positif sur la perception des formations maritimes, ainsi que sur les possibilités de reclassements ultérieurs éventuels et au final sur le recrutement. En effet, il est plus aisé de faire comprendre à un employeur potentiel quels sont le niveau et le genre d’études d’un BTS que de celui d’un Capitaine de Pêche ou Capitaine 3000. A fortiori, celui d’un capacitaire ou d’un lieutenant de pêche. Mesures à prendre Capitaines de pêche Les mesures sont au nombre de trois afin de revaloriser les formations de Capitaine de Pêche :
Ces trois mesures sont nécessaires et peut être suffisantes, pour regonfler les effectifs de demandeurs de ces formations diplômantes et très bien perçues. Formations qualifiantes La formation continue doit prendre en compte les besoins en formation qualifiante bien que non réglementaire, tels que citées et ne pas se limiter aux formations obligatoires. Formation continue au sein des LPM Par ailleurs, il est certain que les formations continues gagneraient en clarté, lisibilité et performances en étant effectuées au sein des Lycées Professionnels Maritimes. Ceci aurait l’avantage de mettre en contact régulier jeunes et adultes et de créer de l’émulation, tant pour la formation que pour le recrutement. Autres formations De plus, il y a un potentiel important et inexploité de formations qui pourraient et devraient être effectuées dans les LPM : Permis côtiers et hauturiers, classes de mer, connaissance du milieu, découverte des métiers, formation à la voile, entretien et dépannage des moteurs inboard et hors bord, utilisation des GPS et des tables traçantes, formation à la sécurité des plaisanciers, SMDSM pour plaisanciers, etc… Ceci aurait l’immense avantage de faire connaître ces écoles, de valoriser son personnel et de rentabiliser les investissements. Eventuellement, du personnel de droit privé pourrait intervenir, sous conditions, à l’intérieur des locaux financés par la Région. Conclusions Des Formations Maritimes qui tardent à s’adapter Les marins ont toujours su s’adapter et apprendre avec les « moyens du bord ». Les résultats l’attestent. Si on avait pris la peine de leur apporter les formations qualifiantes souhaitées, il est évident que la situation aurait été très différente. Il n’est tout de même pas trop tard. Il y aura toujours une place pour une production de qualité, ce que nous savons faire. Mais il ne faut pas laisser partir les navires, les hommes et les savoir faire. Après, ce sera irrécupérable. Aujourd’hui, nous pouvons encore valoriser nos connaissances. Il nous reste peut être quatre ou cinq ans. Ensuite ce sera fini. Les pêches françaises seront mortes si rien n’est fait maintenant. Le renouveau commence par la gestion de la ressource, la reprise des entreprise et la création de nouvelles. Tout ceci sera possible grâce à la formation des hommes des entreprises maritimes qui ont le droit d’avoir accès aux mêmes niveaux que les formations classiques de l’Education Nationale et de l’Enseignement Agricole. Ceci n’est pas une revendication mais seulement l’application du concept de l’Egalité contenu dans la devise de la République Française. A N N E X E S Historique de la formation maritime adaptée aux pêches La SEPTPM (Société d’Enseignement Professionnel et Technique des Pêches Maritimes), d’inspiration laïque et républicaine, est créée aux environs de 1890. Elle doit pallier aux manques évidents de formation à la navigation des « maîtres de barques » et essayer d’inculquer des notions de sécurité. Pour ceci, elle essaime des « écoles de pêche » dans les différents ports de pêche du littoral. En 1941, René Tannay, secrétaire général de la Jeunesse Maritime Catholique (JMC) crée les Ecoles d’Apprentissage Maritime (EAM) et dans la foulée, l’AGEAM (Association de Gérance des Ecoles d’Apprentissage Maritime, création le 28 juillet 1941), dont il devient secrétaire général. Depuis la création de l’AGEAM devenue par la suite AGEMA (Association de Gestion des Ecoles Maritimes et Aquacoles) et sans doute bien avant, le but de la formation continue maritime était triple :
Par contre, l’aspect strictement professionnel, pour les pêcheurs, comment pêcher, conserver et bien vendre, un produit sauvage, à quantité variable et à mœurs mal connus, n’était que très peu abordé. Un verni très léger de connaissance des pêches et de leur environnement, était sensé suffire. Le service de la formation était rendu convenablement pour les besoins de la marine marchande et suivant ses desideratas. De ce fait, la pratique de la pêche s’apprenait sur les navires et nulle part ailleurs, par manque de volonté de l’enseignement de la prendre en charge. En formation initiale, qui se réduisait à une formation pratique donnée en un an et se concluait par la délivrance d’un CAM (Certificat d’Apprentissage Maritime), il était appris les gestes de base de matelotage, ramendage et utilisation d’une embarcation. A ceci venait se rajouter un peu de pratique de travaux du fer et du bois, que l’on complétait par quelques notions de sécurité et de navigation, très sommaires.. Du fait du manque de fond de l’enseignement maritime qui ne répondait pas aux besoins réels des marins, l’école maritime (école des pêches) était subie et non souhaitée. La transmission orale des connaissances pratiques et indispensables fonctionnaient à plein par la tradition familiale. Pour devenir patron de pêche, il valait mieux être fils de patron soi même. Pour avoir un brevet donnant l’autorisation de commander ou de devenir mécanicien, il fallait revenir sur les bancs de « l’école de pêche » en formation continue pour adulte. Mais on savait très bien que l’on n’y apprenait pas l’indispensable : L’art de la pêche et les connaissances nécessaires pour la pratiquer dans les meilleures conditions. Des formations importantes étaient oubliées. Dans les années 1970, sous l’impulsion du CEASM (Centre d’Etude et d’Action Sociales Maritimes), des livrets enseignant la comptabilité de base pour une entreprise maritime furent imprimés et distribués dans les EAM :
A notre connaissance, ils n’ont malheureusement jamais servi de supports de cours pour l’AGEAM bien qu’ils aient été distribués dans les EAM. Par contre, beaucoup de ces exemplaires servirent avec succès à former à la comptabilité les épouses de marins, qui par la suite prirent en main les finances de leur entreprise. Il était prouvé que le besoin et la demande existaient. Puis dans les années 1980, furent mis en place les premiers CAP, suivis dix ans plus tard par les BEP. Il a fallu attendre 2005 pour voir la mise en place des premiers baccalauréats professionnels. Pourquoi ce décalage par rapport aux réels besoins ? Du fait que seulement la partie navigation et ses à côtés, certes indispensable, était enseignée dans les EAM (Ecole d’Apprentissage Maritime), les pêcheurs, une fois acquis ce viatique obligatoire, se désintéressaient totalement de la formation. Il serait intéressant de rechercher les causes réelles de ces manques flagrants en formation professionnelle. Désaffection envers les formations Dans les années 1970/1980, une désaffection certaine s’est fait ressentir envers les EAM/EMA qui n’avaient guère évolué depuis leur création. Le Finistère a lui seul a du fermer trois écoles (Aber Wrach, Audierne, Concarneau) pour n’en garder qu’une seule : Le Guilvinec. Certains ont prétendu que le manque de recrutement était du à ces fermetures alors que c’est l’inverse qui s’est passé : les EMA ont été fermées par manque de candidats. La marine marchande française subissait des coupes sombres dans ses effectifs et les possibilités de carrières intéressantes devenaient moins évidentes. Les jeunes ne voulaient pas prendre le risque de se retrouver chômeurs et désertaient les EMA. Malheureusement, la fermeture de certains établissements n’a guère profité au seul restant. Les formations n’étaient toujours pas attractives, restaient enfermées sur elles mêmes, les garanties d’emplois semblaient en pointillés, les reconversions aléatoires. De plus, les demandes de la société vers plus de loisirs et des contraintes de travail atténuées, étaient ignorées dans les milieux maritimes, en grande partie par manque d’ouverture des programmes. Centralisation de la formation continue Parallèlement, la formation continue a été centralisée sur Concarneau. Aujourd’hui, le CEFCM (Centre Européen de Formation Continue Maritime) gère toute la formation continue maritime bretonne. Hélas, habitués à une proximité géographique de la formation, les marins des autres quartiers refusent de se rendre dans ce centre et toutes les formations périclitent, de la plus haute (capitaine de pêche) à la plus basse (capacitaire). Les seules à ne pas souffrir de problèmes de recrutement sont les formations pour adultes permettant l’entrée dans la profession, CIN et CIP. Il est à signaler d’ailleurs, qu’il serait probablement nécessaire d’ouvrir des formations supplémentaires, surtout en CIP qui est mieux adapté aux besoins et souhaits des professionnels. Un exemple flagrant : il y a dix ans, malgré les protestations très fortes des professionnels, suivies de nombreuses promesses, les formations de lieutenant de pêche et de patron de pêche ont disparus du Guilvinec. Aujourd’hui, il y a très peu de bigoudens en formation à Concarneau. D’ailleurs également, malheureusement. En 2006, une petite dizaine de bretons sont en formation lieutenant/patron à Concarneau. Ceci doit nous interpeller. Nous ne formons plus de cadres et ceci est mortel à moyen terme. Il est dit que dans les dix ans à venir, 50% des entreprises de pêche sont à reprendre. Malheureusement, à la cadence actuelle, on est très loin de former les brevetés nécessaires pour ces reprises. La Région Bretagne est dans l’obligation de repenser entièrement la formation continue maritime et de tirer les leçons de l’échec de la centralisation concarnoise. Sans cela, par manque de brevetés, d’avenir et de lisibilité, il est certain que nos entreprises seront reprises par des sociétés étrangères à moins qu’elles ne soient tout simplement « déchirées », euphémisme pour dire détruites avec subventions européennes. La formation maritime continue A la pêche Certificat d’initiation nautique CIN Certificat d’insertion professionnelle CIP Certificat de capacité Capacitaire Lieutenant de pêche L.P. Patron de pêche P.P. Certificat de motoriste à la pêche Motoriste750Kw Permis de conduire les moteurs marins PCMM250Kw Officier Mécanicien de 3ème classe OM3 Module d’installation à la pêche A la conchyliculture Certificat d’aptitude à la conduite des moteurs des navires conchylicoles Au commerce Certificat d’initiation nautique CIN Brevet de patron de petite navigation 200 UMS Brevet de chef de quart de navigation côtièreCQNC Brevet de patron de navigation côtière 500 UMS Permis de conduire les moteurs marins PCM250Kw Brevet de mécanicien 750Kw Certificat de formation maritime hôtelière Les formations initiale dans les lycées professionnels maritimes LPM CAPM Matelot BEPM conduite et exploitation des navires de pêche BAC PRO Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes BEPM de mécanicien BAC PRO Electromécanicien de marine CAPM conchyliculture BEPM cultures marines BAC PRO cultures marines BEPM marin du commerce BEP vente et action marchande, option produits de la mer BEP alimentation option poissonnier Préparation Officier de 2ème classe de la marine marchande Anciens brevets de la Marine Marchande dont la transformation STCW peut être demandée Certificat de capacité Brevet de lieutenant au cabotage Brevet de lieutenant de la marine marchande Brevet de capitaine de la marine marchande Brevet de lieutenant grande navigation Brevet de lieutenant au long cours Brevet de capitaine au long cours Brevet d’officier chef de quart Brevet de chef de quart Brevet de capitaine côtier Permis de conduire les moteurs Brevet d’officier mécanicien de 3ème classe Brevet d’officier mécanicien de 2ème classe Brevet d’officier mécanicien de 1ère classe Brevet de lieutenant mécanicien Brevet d’officier technicien Brevet d’officier de la marine marchande Diplôme d’Etudes Supérieures de la marine marchande (DESMM) Brevet de capitaine de 2ème classe de la navigation Sources Rapport "Contrat d’Etudes Prospectives" CEREQ/LESSOR/LEN-CORAIL/ITHAQUE Histoire des écoles de pêche maritime Denis Biget Coop Breizh Initiation à la gestion d’une entreprise artisanale de pêche maritime. Michel Laxenaire.CEASM.1967. Les comptes du pêcheur artisan. Anne Le Pichon. CEASM.1978. Des bacs pros pour les pêches maritimes CLPMEM GV Colloque de 1996 à Pont l’Abbé : « Créations d’emplois à la pêche » CEASM Petit lexique des acronymes et abréviations utilisées AGEAM Association de Gestion des Ecoles d’Apprentissage Maritime AGEMA Association de Gérance des Ecoles Maritimes et Aquacoles BEP Brevet d’Etudes Professionnelles BTS Brevet de Technicien Supérieur CAM Certificat d’Apprentissage Maritime CAP Certificat d’Aptitude Professionnel CEASM Centre d’Etudes et Action Sociale Maritime CEFCM Centre Européen de Formation Continue Maritime CGEM Conduite et Gestion des Entreprises Maritimes CEP Contrat d’Etudes Prospectives
CIN Certificat d’Initiation Nautique CIP Certificat d’Insertion Professionnelle CQNC Chef de Quart à la Navigation Côtière DAMGM Direction des Affaires Maritimes et des Gens de Mer EAM Ecole d’Apprentissage Maritime EMA Ecole Maritime et Aquacole EMM Ecole de la Marine Marchande (nouveau nom des ex ENMM) EN Education Nationale ENMM Ecole Nationale de la Marine Marchande IGEM Inspection Générale de l’Enseignement Maritime LPM Lycée Professionnel Maritime
OMI Organisation Maritime Internationale PPN Patron Petite Navigation PNC Patron Navigation Côtière STCW Standard of Training, Certification and Watchkeeping for Seafarers CAPA Capacitaire C.P. Capitaine de Pêche L.P. Lieutenant de Pêche P.P. Patron de Pêche PCM Permis de Conduire les Moteurs PCMM Permis de Conduire les Moteurs Marins Motor Motoriste OM3 Officier Mécanicien de 3ème classe
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Dernière modification :2 Juin 2008 |